Le depistage des surdoués en consultation psychiatrique

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Le depistage des surdoués en consultation psychiatrique

Message  peinturalo le Mar 16 Déc - 12:03

CONCLUSION : Le dépistage des surdoués en consultation de psychiatrie.
Thèse soutenue par Damien Crouzet.2/12/08

Nous avons dépisté dix sept patients appartenant à la catégorie
intellectuelle supérieure, ou classe I de la classification des
matrices progressives standards de Raven ( SPM ). Ce test mesure
l'intelligence fluide qui est l'une des deux composantes du facteur g.
En théorie, selon l'étalonnage du test, seuls 5 % de la population
peuvent appartenir à la classe I. Sur les cent patients testés, nous
avons donc obtenu un pourcentage d'individus de la classe I trois fois
supérieur au pourcentage théorique. Et selon l'analyse statistique
fondée sur le calcul du chi-deux d'ajustement, nous avons déterminé
que la différence entre la distribution théorique des individus de la
classe I et la distribution observée est statistiquement significative
avec moins d'une chance sur mille de se tromper. Cela signifie que
notre échantillon de patients contient un nombre anormalement élevé
d'individus de la classe I. Nous les appelons « surdoués » bien que
cette appellation soit en principe réservée aux individus ayant un QI
total supérieur à 130. Mais ce test étant onéreux et long, il est trop
rarement employé en pratique par les soignants. Le SPM a l'avantage
d'être rapide ( vingt cinq minutes ) et peu onéreux. Il peut aussi
être passé en groupe. En outre, de multiples études ont démontré sa
validité. Pourtant, il me paraît important dans l'état actuel des
connaissances, de confirmer ce résultat par un test de vocabulaire
Mill Hill ( MHV ), ou même mieux par un test de quotient intellectuel
( WAIS ou WISC ).
Ainsi, nous avons montré que dans une patientèle de cabinet
psychiatrique, le nombre de surdoués est supérieur à la normale. De
plus, les patients sont majoritairement des adultes, à l'exception de
quelques adolescents. Par conséquent l'hypothèse selon laquelle les
surdoués consultent plus en psychiatrie que la normale est vérifiée
dans cette étude. Les raisons pour lesquelles les surdoués consultent
plus sont sans doute complexes, néanmoins il est permis de supposer
qu'une prévalence plus élevée des troubles psychologiques, une plus
forte sensibilité ou une plus grande souffrance psychologique sont en
cause. De surcroît les troubles psychologiques que l'on associe aux
enfants surdoués semblent se retrouver chez les adultes, avec comme
conséquence un besoin de soins et de traitements psychiatriques.
Nous pouvons en tirer plusieurs leçons. D'une part, il faut
s'interroger sur les causes de cette forte proportion d'individus de
la classe I chez les patients. En admettant que le fait d'être surdoué
– la douance – ou ses conséquences ne sont pas en cause, que peut
signifier l'abondance de patients ayant une caractéristique commune, à
savoir : une compétence élevée pour résoudre les problèmes du test, ou
une capacité logique importante ? Ont-ils une disposition d'esprit
particulière qui les rendrait plus enclin à manifester des troubles
psychologiques ?

D'autre part, la détection des surdoués en intéressante afin de mieux
cerner l'origine et la sémiologie des troubles psychologiques des
patients. D'autres études pourraient désormais être menées afin de
confirmer notre étude et de rechercher les prises en charge les mieux
adaptées pour ces patients surdoués.

En outre, la prise en charge des enfants surdoués devrait être
améliorée afin de limiter les conséquences psychologiques à l'âge
adulte. Cette meilleure prise en charge doit donc passer par une
détection plus efficace.
Enfin, les patients et le psychiatre semblent avoir tiré profit des
résultats de ces tests. Par conséquent, mais cela reste à prouver par
d'autres études, ce test peut avoir un intérêt thérapeutique puisqu'il
permet aussi au patient de mieux se connaître et d'appréhender des
motifs de sa différence et de sa souffrance.

Vu et permis d'imprimer. À Grenoble, le 15 novembre 2008.


Résumé

L'objectif de cette étude était d'estimer la proportion d'individus
dits « surdoués » dans un échantillon de patients consultant pour des
troubles psychiatriques en cabinet libéral. Les matrices progressives
standards de Raven ( SPM ) ont été utilisées pour l'évaluation de
l'intelligence et le dépistage des surdoués. Sur 100 patients testés,
nous avons dépistés 17 patients appartenant à la classe I, soit 17 %
du total. La classe I regroupe les individus de capacité
intellectuelle supérieure et représente selon l'étalonnage du SPM les
5 % d'individus ayant obtenu les meilleurs scores au SPM. Ces
individus de la classe I ont donc été considérés comme surdoués.
L'analyse statistique montre que la différence de proportion des
individus de la classe I entre la population générale et l'échantillon
de patients est significative avec moins d'une chance sur mille de se
tromper. Nous pouvons donc affirmer que dans notre échantillon, les
surdoués sont sur-représentés et par conséquent que la douance est une
caractéristique intéressante à dépister chez les patients. En outre,
l'hypothèse a priori la plus vraisemblable de cet excès de surdoués
parmi les patients est l'existence d'une plus forte prévalence des
troubles psychologiques chez les individus surdoués. Nous ne pouvons
néanmoins pas éliminer un biais de sélection étant donné qu'un seul
psychiatre a participé à cette étude.

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